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christian-camerlynck.over-blog.com

Un article et discours pour la Faites de la Chanson à Arras en 2010

5 Mars 2016 , Rédigé par christian-camerlynck.over-blog.com Publié dans #Culture

Il y a 7 ans, J'ai osé ce discours pour la première soirée du Festival de Di Dou Da, le dernier de ma collaboration comme membre fondateur et conseiller artistique

Une envie de le partager aujourd'hui, sans doute l'actualité culturelle et législative, et la proximité de la prochaine édition de FAITES DE LA CHANSON m'y poussent un peu.

Comme le disait Mark Twain, « ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait ».

Il y a exactement Dix ans, Di Dou Da me contactait pour créer un spectacle « Nous chanterons les droits de l’Homme » avec 580 enfants des écoles d’ARRAS. Qui aurait pensé que cette rencontre se transformerait en Histoire d’Amour, d’engagement, de passion pour la culture et la chanson ? Immédiatement l’équipe de Di Dou Da a accepté ma proposition de lancer parallèlement des ateliers intergénérationnels « Oser Chanter » afin de développer la pratique amateur de la chanson et de sensibiliser aussi les adultes.

Quand Jean Jacques d’Amore nous a demandé de poursuivre « Oser Chanter » et de participer au projet « Faites de la chanson » « F A I T E S » EN HOMMAGE A MAURICE FLEURET, Les liens d’amitiés, la qualité du travail militant, le profond respect pour la qualité d’engagement des adhérents de Di Dou Da nous a fait accepter avec enthousiasme cette magnifique aventure.

Remplir un calendrier de festival ce n’est pas très difficile, expliquer aux artistes que ce festival est original, que nous souhaitons la participation et l’échange entre chanteurs professionnels et chanteurs amateurs l’est un peu plus. Dire : "nous souhaitons faire découvrir au public ce que sont Les métiers de la chanson et Faire comprendre aux directeurs d’institutions culturelles, aux agents et producteurs, aux sociétés civiles ADAMI ETC… la Philosophie de nos projets, leur faire admettre notre compétence l’est encore davantage." Mais tout cela n’est rien.

Le plus difficile, le plus épuisant c’est le travail qu’assure l’équipe d’administrateurs de Di Dou Da avec à sa présidence Jean Jacques d’Amore : trouver les partenaires et les financements, VEILLER à Chaque instant que les décisions prises soient « collectives » et je vous assure qu’il y veille… Combien de fois ne lui ai-je dit : Jean Jacques « une programmation de festival ne peut se faire dans la démocratie… » Il fait la démonstration permanente que j’ai tord !

La cohérence d’une programmation est importante, Une programmation qui incite à la curiosité qui ne soit pas faites en fonction des goûts des programmateurs, des modes, il nous faut souvent résister aux pressions y compris celles des liens d’amitiés.

Nous voulons servir la chanson, Faire une programmation ou La Variété, est présente, Beaucoup de producteurs parlent d’artistes à la mode comme de locomotives. Nous ne sommes plus dans un monde ou seules les locomotives entrainent les Wagons. L’obstination, une stratégie lisible, sont plus importantes que Tout. Faire confiance au public, au bouche à oreille soutenu par une bonne communication (par exemple la reprogrammation de Presque Oui et de Laurent Viel au festival) le travail extraordinaire, exemplaire, accomplit par des bénévoles sont les garanties du succès de cette aventure. Et puis l’important ce n’est peut-être même pas le résultat final, mais le processus, le chemin souvent caché pour arriver à Aujourd’hui.

Permettez-moi quelques mots encore, pour dire ce que le professionnel du spectacle que je suis depuis 40 ans, a découvert au cours de ce compagnonnage avec Vous.

Je voudrais le dire avec Force.

A ceux qui doutent de l’importance des Femmes et Hommes Politiques, de leurs rôles pour la qualité de nos vies, j’affirme qu’il n’y aurait pas de « Faites de la chanson», que Di Dou Da ne pourrait pas proposer toute l’année son magnifique programme.

Sans le soutien quasi inconditionnel de la municipalité d’Arras, de son sénateur maire « Vanlerenberghe » et de ses adjoints. Je me souviens Monsieur le Sénateur Maire de cette première rencontre au cours de laquelle nous évoquions ensemble l’importance des mouvements d’Éducation Populaire dans la vie de notre pays. Je me souviens aussi des échanges avec François Desmazière alors adjoint à la Culture et ceux avec Frédéric Leturc.

  1. « Faites de la chanson» n’existerait pas Sans le soutien du conseil régional et de sa vice-présidente à la culture, Catherine Génisson, Je me souviens en 1998 Vous avez dit à propos du projet de Di Dou Da « Nous chanterons les droits de l’homme » Je met ma réserve parlementaire dans ce projet parce qu’il est éducatif, social et culturel. « Et nous voilà Ce soir... »
  2. Sans le soutien du conseil général
  3. Les subventions ne sont pas des actes charitables, ce sont des investissements dans l’économie. Subventionner une activité culturelle favorise l’emploi, le tourisme, l’hôtellerie et la restauration, les métiers d’imprimerie, de l’électronique que sais-je encore, Demandez donc au Maire d’Aix en Provence, d’Avignon, ce qui se passe quand un festival est annulé et comment réagissent les commerçants ?
  4. Sans l’amicale complicité du Directeur du théâtre. Sans les compétences et le professionnalisme des techniciens du spectacle, depuis la secrétaire du théâtre qui nous accueillent, sans les techniciens de plateau. Il n’y aurait pas de festival
  5. Faites de la chanson n’existerait pas sans les dizaines de bénévoles de DI DOU DA qui œuvre toute l’année pour la chanson.
  6. 2011 sera l’année européenne du bénévolat. Il est indispensable de faire comprendre au MEDEF, à l’URSSAF, aux ASSEDIC, aux ministres des finances, aux syndicats, que le Bénévolat ce n’est pas du travail au NOIR. Au contraire c’est une valeur ajoutée. Il faut cesser d’attaquer les associations de bénévoles.

Les bénévoles sont indispensables aux modestes artistes que nous sommes. Avec les collectivités locales, ils sont NOS PREMIERS MECENES.

  1. L’interprète que je suis affirme encore qu’il faut protéger les auteurs et leurs créations : 1cd acheté est copié gratuitement dix fois. Les fournisseurs d’internet ne s’enrichissent avec elle. Le téléchargement pirate est une attaque directe à la diversité culturelle.
  2. SI NOUS N’Y prenons garde, dans très peu de temps, Nous n’aurons plus le choix, on Nous imposera la musique, la chanson qu’on voudra nous faire écouter. Les droits d’auteurs ne sont pas des taxes, mais la juste rémunération de centaines de créateurs. Certains le savent, le piratage et le streaming sont responsables de la baisse de la production du Disque et du Cinéma d’auteur. Faites de la chanson n’existerait pas sans les artistes. Il est indispensable de faire comprendre au MEDEF, à l’URSSAF, aux ASSEDIC, aux Ministres des finances et de la Culture et aussi aux RESPONSABLES Syndicaux, Qu’un artiste, qui accompagne des artistes ou des amateurs, qui partagent avec eux ses connaissances et compétences ne devient PAS UN PROFESSIONNEL DE LA FORMATION ? UN PROFESSEUR ! il reste un créateur, il reste un artiste Et cela doit être pris en compte.
  3. Imaginons quelques instants ensemble une maison, une ville, un monde, sans peintre, sans sculpteur, sans architecte, sans décorateur, sans musicien, sans poète. Nous serions tous vêtus du même uniforme, ni forme ni couleur aux vêtements, non plus aux coiffures, il n’y aurait pas de mobilier urbain, pas de forme aux véhicules, il y aurait des cages en guise d’habitation, pas de monuments mêmes pas de monuments aux morts, pas de cinéma, pas de bal, pas de discothèque, même pas une petite musique pour annoncer la pub il n’y aurait pas de pub, pas de télévision ni radio, il ne resterait que Pujadas et Jean Pierre Pernaud pour jacter…
  4. A un ami qui sollicitait un emprunt bancaire pour l’achat d’une maison on lui a conseillé de souscrire une assurance contre les accidents de la vie. Dans le document argumentaire il était inscrit : Chômage, accidents de la route, incendie, maladie, décès et aussi : « Si votre fils veut devenir artiste… »

Est-ce que nous voulons ce monde là.

Les artistes toutes techniques confondues, et il n’y a pas que le spectacle vivant, sont utiles comme l’eau, l’air et le feu.

Enfin il n’y aurait pas ce festival sans les chansons. La chanson est un art majeur parce qu’elle est l’art le plus populaire. L’art de masse que l’on peut fredonner dans les endroits les plus intimes comme dans ceux les plus exposés.

La chanson est bien trop importante pour la laisser en exclusivité entre les mains et les oreilles des seuls professionnels.

Se saisir des chansons, s’en emparer, les faire vivre c’est ce que font si bien les chanteurs amateurs de Di Dou Da et d’A Corps Voix et c’est sans doute la meilleure façon de soutenir les artistes et la création contemporaine.

Ces amateurs qui chantent en spectacle créent des heures de travail pour les musiciens, les comédiens, les chanteurs. Ils ne sont pas rémunérés c'est vrai mais leur participation à des premières parties entrainent des publics qui viennent les voir eux et découvrent des artistes non médiatisés, inconnus et pourtant très talentueux.

Je m'étais engagé à consacrer 5 années à cette création de Festival "Faites de la chanson", il est l'heure pour moi de céder la place pour que ce festival vive.

"Gracias a la Vida que me a dado tanto..."

Merci à la vie qui nous a donné de nous rencontrer.

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