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Partager l'article de l'ami Christian Lejosne rencontré à ARRAS

10 Octobre 2016 , Rédigé par christian-camerlynck.over-blog.com Publié dans #Chansons

Je ne peux résister à partager cet article de l'ami Christian Lejosne rencontré pour la première fois à Arras en 1999 ainsi que Fabienne sa femme, si présente avec lui, avec nous. Notre histoire d'amitié a commencé grâce à un petit Fanzine que nous publiions avec Gilles Bonnevialle Baraka, en 1999. Dans celui-ci, nous parlions d'une expérience que j'avais animé et dirigé pour la Scène Nationale de Mâcon avec 180 enfants. "J'aime les mots dits". Christian Lejosne le recevait et contact fut pris avec moi.

Chez lui, avec lui, grâce à lui j'ai rencontré des militants de l'action culturelle d'Arras et Di Dou Da

J'aimerais dire et redire à quel Point l'action initiée par cette équipe et l'obstination de Christian, avec le soutien permanent de Fabienne, a été et reste originale. TOUT PART DES BÉNÉVOLES. SANS EUX (J'insiste) Sans EUX Di Dou Da n'aurait pas engagé des artistes professionnels pendant 15 ANS.

Nous avons construit ENSEMBLE un projet "NOUS CHANTERONS LES DROITS DE L'HOMME" qui a duré 3 ans et qui a fait participer 8 CLASSES de primaires 300 enfants qui étaient sur la scène du Casino à Arras accompagnés par 5 musiciens et 5 techniciens professionnels.

De cette action et parallèlement à celle-ci sont nés : les ateliers et spectacles Chant'amateurs, et "Faites de la Chanson. " Cette Action a permis l'embauche d'un musicien "DUMISTE" Christian Pruvost magnifique Trompettiste, formidable pédagogue et complice de notre travail.

Je passe mon temps à dire et répéter que SANS LES BÉNÉVOLES, nombre d'entre nous ne serions que des chanteurs de salle de bain, des auteurs compositeurs de boudoirs. Avec Christian et Fabienne nous avons rêvé et réalisé. Il a cherché les Financements, constitué un Comité de Pilotage, rencontré les enseignants, l'inspection académique, favorisé les rencontres avec les politiques. CE FUT UNE AVENTURE PASSIONNANTE et sacrément formatrice pour moi ainsi que pour les musiciens et techniciens professionnels de confiance que j'ai entrainé dans mon sillage.

Si Di Dou Da continue, si la FAITES DE LA CHANSON festival de chanson d'ARRAS existe ce n'est pas l'effet du hasard. Ce n'est pas non plus l'action des seuls professionnels, des seuls politiques. Il a fallu les convaincre et chaque année il faut recommencer. Chaque année il faut rappeler l'histoire de cette aventure au Public, aux Politiques. Rappeler aussi aux artistes Professionnels, ainsi qu'aux organisations professionnelles ADAMI, SACEM etc. que SANS LES AMATEURS ET LES BÉNÉVOLES 80% des festivals et programmation d'artistes n'EXISTERAIENT PAS.

C'est pour leur rendre Hommage que je diffuse ce texte de Christian Lejosne.

Une chanson qui nous ressemble

Le Prix Jacques Douai (1) récompense chaque année un artiste ou une structure qui, par son action, fait vivre la chanson francophone et les idéaux que Jacques Douai a portés toute sa vie : célébration de l’art de la chanson, respect et souci d’élévation du public, émancipation par la culture et l’éducation populaire. Cette année, ce Prix a été décerné à Jean-François Grandin, animateur d'une émission de radio locale de Trappes et à Christian Camerlynck. Que Christian Camerlynck ait reçu ce prix n’est que justice ! Cela fait 40 ans qu’il chante et défend la chanson, en tant qu’interprète et en tant que formateur. 40 ans qu’il fait connaître le répertoire à des publics de toutes sortes, en MJC, dans les écoles, les hôpitaux et lieux de spectacles. Je l’ai connu à l’occasion d’un projet que l’association Di Dou Da d’Arras souhaitait mettre en place. Réaliser une création collective commémorant le cinquantième anniversaire de la déclaration des Droits de l’Homme avec 300 enfants d’écoles élémentaires. Cette rencontre transforma les enfants, leurs enseignants et les perspectives de l’association. Ce projet, nous l’avons porté collectivement. Je me vois encore, intimidé, lors de la première rencontre avec Christian Camerlynck, venu pour que l’on fasse connaissance et que l’on définisse les grandes lignes d’une collaboration qui dura plus de trois ans. Et perdura ensuite sur d’autres initiatives... Je l’ai accompagné pour expliquer, convaincre, négocier des moyens, animer des réunions. Je lui ai servi de chauffeur. J’ai repassé son costume de scène, porté le matériel scénique, géré les entrées des spectacles... Alors, quand Jacques Bertin remit son « diplôme » à Christian Camerlynck, ce fut un peu comme si toute l’équipe de Di Dou Da en recevait, par procuration, une petite partie... C’est aussi ça, l’éducation populaire : le partage des tâches et celui des récompenses. Même symboliques ! Dans le succulent discours qu’il fit à cette occasion (2), Christian Camerlynck exprima ce que la chanson lui avait apporté : « les chansons m’ont ouvert à tous les arts. Les chansons m’ont appris à écouter l’autre, elles m’ont ouvert à la curiosité. » Il en appela aux auteurs : « Habillez-nous de tous vos mots d’amour. Ils parlent de nous et nous protègent si bien. »

On n’imagine pas à quel point la chanson accompagne nos vies. A l’image de Rimbaud faisant des correspondances entre voyelles et couleurs, à chaque épisode important de nos vies, il serait possible d’associer une chanson. La première chanson dont j’ai cherché à comprendre la signification est Nantes de Barbara. Peut-être parce qu’elle commence comme une comptine : Il pleut sur Nantes, donne-moi la main... Je ne suis pas certain d’avoir ce jour-là compris que Barbara parlait de la mort de son père – je devais avoir sept ou huit ans – mai j’avais intuitivement senti l’émotion que dégageait cette chanson. Il y eut aussi mon frère me faisant écouter Jusqu’à la ceinture de Greame Allright, quand j’avais une dizaine d’années... Reprenant les arguments maternels, je lui dis d’un ton horrifié en regardant la pochette du disque « Mais c’est un Anglais ! ». Et mon frère d’insister pour que je l’écoute, sans a priori. Il y eut Pink Floyd découvert grâce à mon ami Pierre qui passait Echoes en boucle, lorsque, adolescent, j’allais le visiter dans sa chambre. Les escapades dans la Renault 5 de Bébel à écouter à fond Riders on the storm des Doors, dont le rythme se mariait à mer- veille à l’alignement des platanes de la route que nous empruntions. Rouge-gorge de Gérard Manset que l’on partageait, au point de nommer de ce nom la SCI que l’on créa avec Laurent et Denis... Quand j’ai connu celle qui devint ma femme, je ne lâchais pas mon walkman, écoutant Charlélie Couture et ses Anglais en vacances... L’invraisemblable conversation avec Bébert au sujet de la chanson de Léo Ferré La mémoire et la mer, en fin de réveillon de Nouvel An, quand tout le monde est épuisé, que seule la hifi continue à donner du volume... Je pourrais ajouter Jean-Jacques et Syracuse ; ma mère et La quête, Lisa et Perlimpinpin, ma femme et tout Bruno Ruiz (c’est une gourmande) ; Christian Camerlynck chantant Je suis comédien, qui me fait dresser les poils à chaque écoute. Ce sont là quelques-unes des situations qui remontent spontanément à la surface de ma mémoire dès que je cherche à associer des personnes et des chansons. Une sorte de mélodie de la vie, pleine de chansons qui nous ressemblent... Pleine de chansons qui nous rassemblent aussi.

(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Douai
(2) http://christian-camerlynck.fr/2016/08/prix-jacques-douai-barjac-2016.html

(3) http://paulmasson.atimbli.net/spip.php?article835

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