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AU Théâtre Clavel Dimanche prochain Bernard Joyet 2èm Episode la suite demain...

20 Janvier 2017 , Rédigé par christian-camerlynck.over-blog.com

AU Théâtre Clavel Dimanche prochain Bernard Joyet 2èm Episode la suite demain...

Il y a un an et demi, après une série de notre spectacle "Parlez-moi de vous" j'ai raconté l'histoire de mon grand père Julien. Bernard Joyet m'a dit : fait moi un monstre. Un monstre c'est ce qui est si dessous. Je vous le partage. C'est un récit personnel. Quelques semaines plus tard, Bernard Joyet m'a envoyé un texte que j'ai intégré avec émotion dans notre spectacle. Je considère Bernard comme un grand auteur. J'ai chanté quelques unes de ses chansons, dont un formidable Verdun. Je la chantait en hommage à ce grand père Julien.

J’ai eu, comme tout le monde deux grand ‘pères, Un paternel Eugène, l’autre Maternel Julien.
Le paternel, bon papa Eugène, était chantre, sacristain, organiste, puis à la mort de mon père il devint aussi fossoyeur pour rester à côté de son fils au cimetière où celui-ci fut enterré. Cela donne une certaine philosophie de la vie ! La mort, chez nous, chez moi était toujours présente et très tôt. Eugène merveilleux conteur d’histoire, blagueur, très bon chanteur a exercé son travail à l’église du Village pendant 60 ans. Sa voix de ténor résonnait partout dans la ville. Je l’entendais rentrer à la maison saluant ceux qu’il croisait en chemin. Je reconnaissais sa voix parmi toutes. Quand j’ai eu 7 ans je chantais accompagné par lui à la messe de minuit. Jamais il ne saura ce qu’il m’a réellement transmis. C’est sans doute de lui que je tiens le sens de la rigueur dans le travail, la précision du geste, le sens du détail, la passion du chant, la fascination et l’intérêt pour les Voix humaines, toutes et particulièrement les plus écorchées. Les voix sont les reflets de l’âme. Je veux dire de ce qui se cache en nous, rien à voir avec les religions.

Bon papa Julien lui, je ne l’ai vu que deux fois à l’hôpital psychiatrique d’Armentières. Quand j’ai demandé à ma mère pourquoi il était là, Maman m’a répondu qu’il est revenu de Verdun sourd, qu’il criait fort en parlant et que les gens disaient qu’il était méchant. Il est mort dans cet hôpital au bout de 40 ans. À ma naissance on m’a donné son Prénom comme troisième prénom. Christian Jean Julien. Son internement m’a toujours posé question. Quelle maladie avait-il ? J’ai questionné ma famille, silence totale : « Je ne sais pas... » éternelle réponse. A la mort de ma mère, j’ai récupéré des photos et des lettres ainsi que des livrets de famille et je découvre que ma mère est née en 1920 soit 2 ans après la fin de la guerre 14-18. 
Les années passent et ma question demeure. Pourquoi est-il mort en PSYCHIATRIE ? Première rencontre avec un ami d’ami qui me dit que je peux consulter les archives militaires. Ce que je fis. Je découvre que mon grand père Julien a vécu un bombardement terrible dans la région de Verdun et qu’il fut enseveli vivant. A-t-il gratté la terre ? Était-il blessé physiquement ? Toujours est-il qu’une de ses mains dépassait du sol et que deux brancardiers qui passaient par là s’écrièrent : « il y en a un de vivant ici, il y a une main qui bouge ! » 
Fin du premier acte
 Incontestablement il est rentré rejoindre sa femme avec qui il eut deux filles et un fils. Le premier mon parrain Jean né avant la guerre devint, adulte, comme lui bijoutier. Spécialisé dans l’insertion des pierres précieuses dans les bagues et collier, ainsi qu’horloger spécialité dans les montres de l’époque. Je me souviens que lors des deux visites fait à l’hôpital Bon papa demandait à voir nos montres et les écoutait pendant de longues minutes, les regardait dans tous les sens et déclarait : « elle vivra longtemps ! »

J’ai découvert aussi que trois ans après la naissance de ma mère, il a enterré sa femme et au dire d’un ami psychiatre c’est cela qui l’a déséquilibré !

« Voilà mon cher Bernard je ne sais si tu peux faire quelque chose de cela ? Que j’intègrerai sans doute dans « Parlez-moi de vous » que je reprend cet hiver au Théâtre de l’Ile saint Louis. bises énormes en attendant de le faire de vives lèvres.
J’espère que ton nouveau logis t’accordera du bonheur. »

Christian Camerlynck.

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