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Bernard Joyet AU THÉÂTRE CLAVEL AUJOURD'HUI : Julien le déterré (à Christian C.) d'après un monstre

21 Janvier 2017 , Rédigé par christian-camerlynck.over-blog.com Publié dans #Chansons

ET VOICI LE RÉSULTAT. Je me suis empressé de le mettre au programme de notre spectacle. Il n'est pas chanson, peut-être un jour le sera-t-il mais pour l'instant et dans ce spectacle qui raconte une vie, avec ses moments de douceurs, de bonheur, mais aussi de moment plus difficiles il me semble qu'il a plus de force encore. Merci Bernard. Je ne peux être là. Je suis au Nicaragua et je prépare un spectacle pour le mois de la Francophonie à l'Alianza francesa de Managua. Le 10 Mars. J'espère que le public sera là ce Dimanche 20 janvier au théâtre Clavel avec notre chère Nathalie Miravette.

JULIEN LE DÉTERRÉ  (À CHRISTIAN C.)

Au cimetière

D'Armentières

Fossoyait un vieux fossoyeur

Toujours la pioche

À la roche

C'était un rude travailleur

Les braves gens n'étaient pas tendres

On disait de lui pis que pendre

Qu'il était un peu dérangé

Angoissant méchant détraqué

Il feignait de rien entendre

C'était Julien le déterré

Allée centrale

Une dalle

Trois pots de fleurs un écriteau

Trois chrysanthèmes

Un je t'aime

À toi mon fils parti trop tôt

Julien lui fit serment naguère

Je vivrai dans ce cimetière

Tout est ici rien n'est ailleurs

Ce soir je change d'employeur

Près de toi et ces croix de pierre

Ton père sera fossoyeur

C'est à l'asile

De la ville

Qu'on enferme les demeurés

Ceux qui dérangent

Trop étranges

Comme Julien le déterré

On l'a sorti de sa tanière

Ainsi qu'on mène à la fourrière

Les animaux trop singuliers

Et les chiens perdus sans collier

On a pris malgré ses prières

Jusqu'aux lacets de ses souliers

Puis on l'isole

Camisole

Puis on l'endort à petit feu

De cure en cure

En piqûre

On le drogue peut-être un peu

Puis il se griffe se mutile

On le dit muet sourd et débile

Il se cache comme un gamin

Mange la terre du jardin

Il s'éteint il est immobile

Il ne bouge plus qu'une main

- - — — - —

Au cimetière

D'Armentières

Dans l'allée centrale je viens

Il y a ma mère

Et mon père

Et puis mon grand-père Julien

Quand la pluie tombe

Sur leur tombe

Moi j'en profite pour pleurer

Pour que personne

Ne soupçonne

Mon chagrin mon cœur déchiré

- - — — - —

Chemin des Dames

Pas une âme

C'est le silence après l'enfer

Après les bombes

L'hécatombe

Morceaux de chair morceaux de fer

Dans la boue rouge

Rien ne bouge

Sauf le fantôme d'une main

Vite on s'affaire

On déterre

Le mort est vivant c'est Julien

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